Atlas
Oasis Sahariennes
et Arabiques

La réalisation d’une cartographie est le point de départ, indispensable, de l’activité de recherche visant à promouvoir des actions de politique en matière d’environnement. Pour garantir l’efficacité de ces interventions, il faut en effet se doter d’un instrument qui mette en évidence la dégradation progressive des terres du monde, conséquence du développement urbain et industriel, du réchauffement climatique, d’activités agricoles non durables.

Dans ce but, avec le Projet Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques, Fondation LabOasis recense 1038 Oasis, en recueillant les données sous forme numérique et géo codée sur une carte interactive, à travers les frontières de 11 États nationaux, la rendant disponible en ligne. Pour la première fois, a été ainsi identifiée la constellation d’Oasis qui, pendant des siècles, a réalisé la tâche d’atténuer le climat, ce barrage vert qui traverse deux déserts, avant-poste de civilisation dans des zones où la survie semble impossible. Les données relatives à l’information géographique ont été élaborées par Gismap en mode GIS, Remote Sensing et DBMS Open Source, en collaboration avec les experts appartenant aux centres de recherche scientifique des pays relatifs, en particulier Algérie, Égypte, Lybie, Maroc, Mauritanie, Niger, Tunisie. En utilisant nos critères de sélection, nous avons localisé les différentes installations. On arrive ainsi à distinguer ce qui est en train de changer dans l’extension des Oasis, à remarquer les processus d’ensablement, aujourd’hui liés, pour la plupart, à la diminution du patrimoine hydrique. Nous pouvons aussi remarquer – indirectement – l’enracinement de ces communautés à des lieux que le réchauffement global a rendu de plus en plus inhospitaliers. Une particularité qui caractérise une bonne partie de ces populations, en évidente contre-tendance avec le choix obligatoire de l’émigration.

La formulation actuelle de l’Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques, qui devra être davantage développée pour arriver à des classifications de plus en plus exhaustives, veut constituer le point de départ pour l’élaboration d’études comparées sur les changements socio-environnementaux, dans cette vaste zone du monde marquée par une extrême aridité. Des études qui sont nécessaires pour l’élaboration d’interventions pilotes, véhicules de mesures adéquates de prévention ou d’atténuation des phénomènes de dégradation, avec la spécificité d’être reproductibles dans les Oasis où les populations font face à des urgences comparables. Dans le but de documenter et évaluer les résultats des dernières 30 années d’études et projets “sur le terrain” dans des secteurs différents, mais également vitaux pour l’économie de ces communautés, Fondation LabOasis a aussi réalisé le Projet Database Oasis en le reliant à l’Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques: par rapport à chacune des Oasis localisées sur la carte, il est donc possible de vérifier quelles sont les expériences antérieures, ou en cours, d’avoir des indications sur les promoteurs et sur les associations locales qui ont contribué à ces activités.

En consultant la fiche du Database Oasis, disponible au moment où – à travers Google Maps – l’Oasis est localisée sur la carte, on observera – entre autres – que de nombreuses interventions de la part de sujets institutionnels, centres de recherche et associations internationales, se sont concentrées dans les mêmes lieux : les Oasis les plus accessibles et les plus connues. L’exploration interactive, par l’intermédiaire de l’instrument de l’Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques, permet en revanche de mieux connaitre la réalité locale en révélant la présence des Oasis moins connues, un premier pas pour formuler des stratégies d’intervention, même dans des territoires considérés – hier encore – comme marginaux. Dans ces territoires se trouvent en effet des Oasis, en bordure de frontières nationales poreuses, tracées en plein désert. Ce sont des installations où des anciennes communautés gardent des traditions d’accueil particulières, une culture autochtone et des paysages historiques extraordinaires, non seulement un barrage – dans ces cas – pour le changement climatique, mais aussi une précieuse contribution à la sécurité des pays de la Méditerranée, contrant la domination d’organisations criminelles dans ces vastes zones inhabitées.

Nombreux sont donc les projets de recherche et les actions de sauvegarde que nous espérons puissent être entrepris à partir de la nouvelle évidence que fournissent les données de l’Atlas des Oasis sahariennes et arabiques, restant ferme l’intention de Fondation LabOasis de concourir à leur mise à jour en collaboration avec chercheurs et experts du monde entier et avec la participation encore plus nécessaires des habitants des Oasis.

Database Oasis
Database Oasis vient d’une exigence précise: nous voulons apporter une contribution concrète pour la sauvegarde de ces lieux extraordinaires appelés Oasis, dans les déserts du Sahara et Arabique. Notre but est de réaliser de nouveaux projets et, pour cela, nous jugeons important de savoir ce qui a déjà été fait: comment, quand et par qui. Database Oasis est donc le résultat d’un travail complexe d’enquêtes et d’archivage, une banque de données hypertextuelle maintenant accessible sur notre site. On peut y trouver les activités “sur le terrain”, qui remontent quelquefois jusqu’à il y a 30 ans, effectuées par la coopération internationale et la production scientifique que la communauté académique a consacré aux Oasis sahariennes et arabiques, à la suite d’observations et de travaux de recherche. Database Oasis peut être consulté par catégorie et par mots-clés et se relie directement à la carte élaborée dans le Projet Atlas des Oasis sahariennes et arabiques, elle aussi accessible dans notre site, et offre pour chaque Oasis –au moyen d’une fiche- toute la documentation qui la concerne.

 

Il faut dire qu’au cours des premières phases de notre exploration web, un viatique important s’est matérialisé: les études qui ont codifié le savoir de la civilisation des Oasis, fruit des recherches “sur le terrain” de Pietro Laureano, architecte et urbaniste, éminent expert et consultant Unesco pour les zones arides. Nous avons ensuite commencé à vérifier à la fois les grands projets financés par des millions de dollars et ceux de la Banque Mondiale à travers GEF, comme l’efficacité d’actions promues par de très valables Associations européennes comme Terrachidia, et dans un cadre philanthropique , par exemple, Bambini nel deserto et Enfants du désert. Au cours de notre recherche, nous avons ensuite rencontré virtuellement, à l’ombre des palmeraies des Oasis, une foule de professeurs universitaires allemands, américains, anglais, belges, espagnols, français, italiens, et leurs étudiants, impliqués dans des workshops différents. Agronomes, anthropologues, archéologues, architectes, ingénieurs: dans le Database Oasis est archivé le compte-rendu de leur travail sous toutes ses formes, des mémoires aux publications des revues académiques, tout ce que nous avons, jusqu’à maintenant, réussi à repérer dans les très fournies bibliothèques universitaires on line. De la même façon, nous constatons la compétence de leurs collègues dans les Facultés du Maghreb ou en Oman, et les recherches préparant les interventions “sur le terrain” des Établissements Agronomiques du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie. Nous remarquons qu’il existait déjà au Caire, en 1950, le Desert Research Center, encore aujourd’hui propulseur d’activités de recherche spécifiques et que le Maroc a récemment créé une instance spéciale, Andzoa, ayant depuis longtemps inauguré des Programmes nationaux de grand intérêt pour la sauvegarde des Oasis marocaines. On observe que l’Oman a lancé, aussi en se servant de Archiam, à une puissante campagne de récupération du patrimoine architectonique, outre et des les très anciens systèmes d’irrigation des Oasis, les Aflaj, déjà classées dans la Liste du Patrimoine Mondial par l’Unesco. Dans le Database Oasis, nous incluons des Fondations internationales, The Ghetty Conservation Institute, Agha Khan Trust For Culture, Intbau, qui peuvent se targuer de leur soutien à d’importantes interventions de restauration des édifices historiques dans les Oasis au Maroc et nous comptons des expériences comme celle du Khalifa Date Palm Award, apte à stimuler la reprise de la production agricole dans plusieures Oasis. Nous énumérons aussi, grâce au travail extraordinaire de mise en réseau fait par Raddo avec Cari, les innombrables Associations actives dans les communautés locales, qui donnent cours à des actions coordonnées par des ONG comme Tenmiya en Mauritanie et Cospe en Égypte, où aussi SlowFood a institué une Base opur les dattes de l’Oasis de Siwa. Nous avons vérifié que le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable en Tunisie a terminé la monographie des Oasis de ce pays, modèle de référence utile pour des études comparées; nous pouvons souligner l’importance du programme GIAHS que la Fao a en cours depuis 2012 et avec lequel elle a grandement contribué à valoriser les systèmes, les pratiques traditionnelles qui ont engendré le paysage historique des Oasis nord-africaines. Notamment, avec le Database Oasis, nous voulons aussi offrir l’occasion d’une analyse historico-temporelle des flux financiers qui, le long de ces dernières trente années, ont subventionné toute une série d’activités – de coopération au développement – dans les Oasis sahariennes et arabiques. Fondation LabOasis le propose donc, dans son ensemble, comme instrument de travail aux chercheurs et aux experts internationaux, souhaitant qu’avec leur collaboration, il puisse s’enrichir de contenus et enregistrer de nouveaux projets, pour la sauvegarde des lieux de l’alliance millénaire entre homme et nature: les Oasis.

Effet Oasis

Effet Oasis est le projet de communication qui a pour but de diffuser des informations et de partager des connaissances concernant les Oasis Sahariennes et Arabiques. Dans le désert, même un seul palmier dattier, aidé par la main de l’homme, peut déclencher l’effet oasis: le circuit vertueux qui engendre les conditions favorables à la vie humaine. De la même façon, LabOasis Fondation veut provoquer un effet Oasis particulier: faire germer une nouvelle conscience, promouvoir la connaissance des Oasis traditionnelles, sahariennes et arabiques, et de leurs habitants. Afin de montrer comment tout a commencé et comment tout pourrait finir.
Le contexte est celui d’une opinion publique où prévaut généralement une image factice et féérique de l’Oasis, vue comme une sorte de miracle naturel en plein désert. Il arrive souvent, même dans les communautés nationales des 11 pays de l’Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques, que les nouvelles générations ayant grandi dans un cadre urbain, ignorent l’origine et la vraie nature des Oasis. Par conséquent, la valeur historico-culturelle et environnementale des Oasis est aujourd’hui largement et abondamment méconnue.
L’objectif, une fois précisé que l’Oasis n’est pas un phénomène naturel, est de rendre évident que dans l’Oasis – ce lieu artificiel que l’homme a créé dans le Sahara et en Arabie à partir de 3000 av. JC. – représente de façon paradigmatique le meilleur “système” pour habiter la terre. Le plus respectueux – par tradition – des règles du cycle naturel, au sein duquel tout se transforme et se régénère. Nous voulons d’ailleurs souligner l’expérience extraordinaire de ces communautés – toutes assimilables à bien des égards, même si éloignées entre elles et vivant dans des Pays différents – qui sont capables encore aujourd’hui d’habiter des territoires extrêmement inhospitaliers.
Cette action de communication utilise différentes modalités employant les multimédias.

INFORMATION

Pourquoi l’Oasis met en lumière une histoire très ancienne, que Pietro Laureano, mieux que tout autre, a su évoquer dans ses écrits, à la suite de ses recherches « sur le terrain ». C’est le récit de l’Oasis qui part des origines, en fin de Préhistoire, pour arriver au temps présent ; traverse les déserts du Sahara et d’Arabie, s’avance dans les villages où ces peuples restent ancrés à la terre qu’ils ont rendue fertile, avec savoir et ténacité; enquête leur rapport avec l’environnement désertique et les ressources hydriques, résultat de connaissances stratifiées au cours des siècles; illustre les façons de cultiver, de construire, typiques de ces lieux; met en évidence le rôle culturel et économique que les éleveurs nomades et les marchands – parcourant des voies caravanières, non sans raison constellées d’Oasis – ont joué dans ces communautés.

Oasis en danger décrit les transformations socio-environnementales récentes, en partie imputables au réchauffement climatique. Une fois abandonnées les techniques traditionnelles en faveur d’une innovation qui s’en écarte sans en conserver le principe directeur, l’utilisation de barrages, motopompes, la diffusion des cultures intensives et de technologies inadaptées au contexte environnemental, mettent en fait en danger le délicat équilibre à la base de ces écosystèmes. La salinisation et la progressive stérilité des sols, l’épuisement et la pollution des eaux souterraines et superficielles sont quelques-unes des conséquences. À celles-ci s’ajoute la perte de qualité du paysage, de sa valeur esthétique et identitaire, due aussi à l’abandon des villages traditionnels, à la réalisation de nouveaux quartiers et à l’émigration.

IMAGES

Il s’agit des images obtenues grâce à la généreuse implication de 28 photographes provenant du monde entier. Nous mentionnons ici Yann Arthus-Bertrand pour représenter la passion et la maîtrise de documenter la réalité de chacun d’entre eux. Plus de quatre-vingt-dix photo, chacune accompagnée de détaillée légende et de sa localisation géographique que, en utilisant Google Maps, permet de visualiser le lieux précis où l’images a été prise. Un attentif travail de recherche et sélection mis en place, privilégiant la pertinence avec le contenu des textes publiés sur site de LabOasis Fondation, ne se faisant jamais au dépens de la qualité artistique, qui est le résultat du talent pour saisir le moment, afin de raconter une histoire dans la manière la plus efficace.
Vérité et puissance de la photographie qui ajoutent, aux textes, de la complexité et de la signification, en nous rapprochant de lieux très lointains. Des images où l’écho d’un héritage archaïque renvoie aux mythes des origines du genre humain; images de l’Oasis-refuge, comme cela apparaît dans les photos aériennes, parce que la nature des déserts, tout autour, est aussi avare et hostile que dans les temps anciens; des images qui restituent la splendeur primitive de l’architecture traditionnelle, dont la forme transfigure l’humble matière, la terre crue; des images qui capturent les moments de la vie quotidienne, souvent des gestes semblables à ceux d’un temps immémorial, pratiques agricoles qui dévoilent la genèses des rituels religieux, appartenant à notre civilisation.

Nous avons ainsi obtenu l’indispensable prémisse et rencontrés les pères nobles pour le projet que LabOasis Fondation a en chantier: le concours photo réservé aux jeunes des 11 nations comprises dans l’Atlas des Oasis Sahariennes et Arabiques. Nous croyons qu’il est important d’indiquer la photographie comme l’instrument pour un engagement dans tous les domaines et nous voulons soutenir ceux qui sauront utiliser – de façon créative et critique – leur regard sur les Oasis: avec l’objectif précis de valoriser et préserver ces lieux historiques.

NETWORKING

Fondation LabOasis se charge de la diffusion de nouvelles, en synergie avec le vaste réseau d’associations qui travaillent dans les Oasis, épaulant le travail que l’association Raddo a méritoirement commencé en Algérie, Tunise, Maroc et qu’elle est en train de poursuivre dans le reste des pays intéressés. Nous voulons apporter une contribution, non seulement à la connaissance des Oasis sahariennes et arabiques par un public plus vaste, mais aussi aider à surmonter les difficultés techniques et logistiques qui empêchent le partage de la recherche scientifique dans ce domaine. Nous souhaitons favoriser la prise de conscience des possibles solutions aux problématiques actuelles dans les Oasis. Nous mettons en évidence des activités vertueuses, l’organisation de séminaires, de forums et de conférences, des initiatives souvent peu connues ou inaccessibles aux nombreux et différents acteurs “sur le terrain”: centres de recherche, institutions, associations locales.